Toujours dans le cadre de ces articles consacrés à ce qui m’a permis de progresser en tant qu’orateur et être plus à l’aise, voici la cinquième étape.
Elle n’est pas facile, parce qu’elle peut être sujette à interprétation, ça a été de développer non pas du style, mais un style.
On a tous du style.
On a tous, de part peut-être la façon de parler, de s’habiller, de délivrer nos propos, du style. Et chacun pourrait reconnaître certainement du style chez chacun de nous.
Mais on n’a pas tous un style.
Et vous savez comment on sait qu’on a un style ?
On a un style dès lors que ce que l’on dit attire et les personnes qui vous adorent et les personnes qui vous détestent.
Moi, très souvent, le biais dans lequel je tombais, c’était de vouloir faire plaisir à tout le monde, de dire des choses qui font plaisir à tous et d’être toujours un peu comme on l’attend. Et ça, c’est un biais qu’ont beaucoup de personnes qui sont formateurs en prise de parole, c’est de vouloir trop faire plaisir.
Sauf qu’en voulant faire plaisir, vous voulez surtout faire plaisir à vous.
Donc, je ne vous aiderai pas à chercher à vous faire toujours plaisir.
Évidemment qu’on respecte l’autre pour ce qu’il est, mais faire toujours plaisir, ce n’est pas aider. C’est se rassurer.
Ainsi, développer un style, c’est assumer qu’il y a des gens qui vont vous détester pour ce que vous dites et assumer qu’il y a des gens qui vont vous adorer pour ce que vous dites.
Si vous n’avez pas de style, vous êtes tiède.
Et quand vous êtes tiède, votre parole n’existe pas. Et si votre parole n’existe pas, ça ne sert à rien de parler.
Comment améliorer son éloquence
Développer un style, et moi, ça m’a coûté pour le coup de développer ce style.
Ce fut de me dire, il y a des gens que je cible. Il y a des gens qui apprécient ce que je dis. Et à côté, il y a des gens qui ne me supportent pas, qui ne peuvent pas me voir en peinture.
Il y a des gens qui, quand ils entendent mon propos, se disent, bon ben, voilà, toujours pareil, le mec un peu carré, science po, etc, mais ce n’est pas grave. Et c’est tant mieux.
Développer votre style en assumant qu’il y a des gens qui ne vous aiment pas, cette étape-là, elle demande d’avoir le courage de ne pas être aimé.
Parce qu’elle vous permet d’être libre.
Vous avez le courage de ne pas être aimé le jour où vous devenez libre. Ou plutôt, vous devenez libre le jour où vous n’êtes pas aimé. Parce que ça veut dire que vous ne vivez pas que pour le regard de l’autre.
Et avoir cette logique-là, m’a aidé à m’assumer davantage et à dire ce que je pensais sans avoir à me dire « Oh là là, la caméra. Oh là là, il y a plein de choses que je ne maîtrise pas. Oh là là, mon message. Certaines personnes ne pourraient pas m’aimer. » C’est OK.
Vous avez un style à vous.
En tout cas, ce sera une étape par laquelle vous devrez passer si vous voulez impacter votre public et exister face à lui.
Vous devez développer votre propre identité d’orateur.
Bon, c’est plus facile à dire qu’à faire. On est d’accord.
Mais en tout cas, si vous reconnaissez qu’il y a des gens qui n’aiment pas ce que vous dites et d’autres qui apprécient, c’est plutôt bon signe.
Rendez-vous dans le prochain article, je vous confierai ce qui a été pour moi l’avant-dernière étape.

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