Imaginez que vous soyez en train de me parler, et que je me perde dans mon téléphone pendant notre conversation. C’est une attitude impolie, parfois délibérée, parfois non. Ce qui est certain, c’est que lorsque le public ne semble pas intéressé, il en résulte souvent l’idée suivante : “S’ils ne sont pas intéressés, c’est que je ne suis pas intéressant”. Pas certain que cela aide à développer son aisance à l’oral. 

  1. Le public permet de développer son aisance à l’oral 

Je ne suis pas certain de ce qui se passe, mais je ressens un inconfort. J’ai du mal à me sentir à l’aise et à me percevoir comme important. Tout cela pour vous dire que pour développer son aisance à l’oral, nous avons besoin de l’implication du public. C’est un jeu à 2, ou public et orateur s’engagent chacun au moins à 50%. 

Face à des gens qui manifestent clairement leur écoute, qui affichent de l’intérêt, on ressent un engagement mutuel. Par contre, lorsque la présence est minimale, on peine à trouver ses mots. Mon souhait est donc d’encourager une écoute active chez les personnes qui sont en face de nous afin de développer son aisance à l’oral. 

Pour cela, il faut tout d’abord que nous soyons en accord sur les signes d’écoute auxquels nous sommes sensibles. Comment reconnaître que vous avez captivé votre audience ? Il y a des signes évidents. 

Les regards fixés sur vous, les hochements de tête, les expressions faciales, les moments de silence, les rires, les sourires et même les questions qu’on vous pose. Les remarquer chez le public participe à développer son aisance à l’oral. 

  1. Comment créer des signes d’écoute chez le public ? 

Je vous présenterais bien des petites astuces. Mais je ne veux pas seulement vous donner des astuces. Ce que je souhaite partager, ce sont des stratégies pour générer de l’écoute. 

La première stratégie, bien qu’elle paraisse évidente, n’est pas si simple à mettre en œuvre. Quiconque souhaite développer son aisance à l’oral doit se rappeler que l’on obtient que ce que l’on donne. 

Si vous voulez des regards attentifs, du silence, des questions et de façon générale des signes d’écoute, c’est à vous d’être le premier à offrir ce regard, ce silence, cette posture attentive et ces hochements de tête. Vous ne récoltez que ce que vous semez.

Comment bien parler en public ?

Poursuivons avec la deuxième stratégie :

la variation crée l’attention. Plus vous faites varier votre ton, votre rythme, vos expressions faciales, plus vous changez de sujets, plus vous modifiez vos tons, plus vous êtes créatif avec vos intonations, plus vous introduisez des éléments qui brisent le schéma de votre discours, plus vous aurez l’attention de votre public. 

Troisième stratégie : il y a ceux qui parlent en public et ceux qui parlent du public. Choisissez de parler au public. Les gens vous écoutent parce que vous parlez de ce qui les intéresse le plus, c’est-à-dire d’eux-mêmes.

En résumé, j’encourage à utiliser ces trois stratégies pour susciter l’écoute et développer son aisance à l’oral

La première consiste à offrir ce que vous souhaitez recevoir.
La deuxième exploite la variation pour captiver.
Et la troisième vous pousse à parler du public au public. 

Êtes-vous prêt à relever un défi ? 

Alors que nous avançons dans cette partie consacrée à l’impact à l’oral, et parce que la pratique est essentielle, je vous propose un exercice simple : demandez à quelqu’un en face de vous de rester impassible et tentez de susciter des signes d’écoute de sa part. 

Exercez-vous régulièrement, et cette démarche se manifestera naturellement dans vos discours. Cherchez à créer ces signes d’écoute, et vous constaterez une transformation significative. 

Votre mission aujourd’hui : éveillez l’écoute chez les autres grâce à votre contact visuel et d’autres appuis. Nous nous retrouverons demain pour aborder le deuxième pilier de la méthode.

Résumé : 

Pour développer son aisance à l’oral, il est crucial d’obtenir l’écoute du public. L’absence d’écoute peut générer un sentiment de manque d’intérêt envers soi. L’interaction entre orateur et public est un jeu à deux, avec une responsabilité partagée. Les signes d’écoute incluent les regards attentifs, hochements de tête, expressions faciales, rires et questions. Pour susciter ces signes, trois stratégies sont recommandées : donner pour recevoir, jouer avec la variation pour maintenir l’attention et parler du public pour capter leur intérêt. Un exercice consiste à provoquer des signes d’écoute chez quelqu’un impassible pour développer cette compétence. En résumé, cultiver l’écoute active améliore l’aisance à l’oral.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

MASTERCLASS GRATUITE

FORMATIONS PARTICULIERS

FORMATIONS ENTREPRISES

BESOIN DE RENSEIGNEMENTS ?

Formation en prise de parole en public : comment vaincre la peur ?

La peur de prendre la parole en public est bien plus répandue qu’on ne le pense. D’après plusieurs études, entre 42 % et 75 % des personnes déclarent en souffrir. En France, c’est près d’une personne sur deux qui avoue avoir déjà ressenti ce stress paralysant face à...

Prise de parole en public : le guide 2025 pour transformer la peur en confiance

À la fin de cette lecture, vous saurez exactement quoi faire pour ne plus avoir peur et vous sentir confiant quand vient votre tour de parler.La prise de parole en public est devenue une compétence décisive : réunions, cours, soutenances, promotions, entretiens,...

Animer une réunion : exercices

Voici le dernier article consacré à l'animation de réunion. Je vous propose de faire deux choses aujourd'hui.   La première, ça va être de mettre en pratique. Parce que comme pour la prise de parole, ce qui fait la différence en animation de réunion, c'est le...

Animer une réunion : les techniques

Voici l’avant-dernier article, consacré à l'animation de réunion. Je voudrais qu'on évoque les techniques d'animation de réunion, qui s'appuient sur la prise de parole, et qui peuvent vous aider à mieux cadrer ces moments de tension et au fond à être plus impactants....

Conclure une réunion

Dans l’article précédent, on parlait de comment introduire une réunion. Maintenant, il nous faut parler de comment la conclure.   Là aussi, il va y avoir cinq étapes indispensables que je vous invite à noter si vous animez des réunions et à me dire en commentaire...

Commencer une réunion

Dans cet article, on va voir comment introduire une réunion. Les premiers moments sont importants, vous le savez, pour plein de raisons, comme l'effet de halo : on va, à partir du premier moment, déduire ce qui va pouvoir se passer, la qualité des moments qui...

Comment animer une réunion

La deuxième étape pour animer une réunion, c'est de faire deux choses : Un, vous devez définir le type de réunion qui vous attend en fonction de l'objectif. Et deux, définir la posture que vous allez incarner.   Commençons par le premier point, le type de...

Animer une réunion

Prendre la parole, c'est aussi devoir s'imposer, s'affirmer, dire ce que l'on pense en réunion.   Réussir à animer une réunion, ça peut sembler facile, anodin. Je vous assure que pour certains, ça ne l'est pas. Et pour ceux qui maîtrisent déjà l'exercice, il y a...

L’art de la questiologie ?

Pour terminer cette série d’articles consacrés à l'écoute dans vos prises de parole, je vous invite à vous concentrer sur les questions dont je vais vous parler.   Première question, qu'est-ce que c'est ? Ce sont les questions ouvertes : Comment on pourrait faire...

Poser les bonnes questions

Savoir écouter, c'est aussi savoir questionner. Poser les bonnes questions au bon moment, éviter l'effet interrogatoire, ou éviter les faits, “je n'en ai rien à faire, moi ce qui m'intéresse, c'est ma vie.”   Je vais vous présenter une typologie de questions,...