« Lever la voix ne donne pas raison” dit un proverbe chinois.

La garder trop basse, non plus. Le volume ou l’intensité vocale est une caractéristique fondamentale de votre signature vocale. Une faible intensité vocale et c’est l’assurance de devoir vous répéter.

Une trop forte intensité et vous êtes sûr de casser les oreilles de votre audience.

Qu’on vous demande souvent de répéter ou de baisser d’un ton, vous allez découvrir quelques astuces pour adapter votre volume vocal et comprendre les effets que celui-ci a sur vos interlocuteurs.

Du souffle au son 

Schéma de l’appareil respiratoire en coupe transversale

On peut résumer le processus de création de la voix en 4 étapes. Ces étapes permettent de comprendre les rouages sur lesquels vous pouvez jouer pour maîtriser et faire varier votre volume vocal.

Etape 1 : La voix prend sa source dans l’expulsion de l’air hors de vos poumons grâce à la pression exercée par le diaphragme. Il s’agit d’un muscle en forme de parabole sur lequel repose les poumons.

En se contractant, le diaphragme s’étend vers le bas pour permettre aux poumons de se remplir d’air. En se détendant, il remonte et participe à l’émission de l’air vers la trachée.

Etape 2 : La trachée conduit alors l’air vers le larynx, organe cartilagineux situé au niveau de la gorge. C’est une véritable boîte vocale car c’est à cet endroit que l’air se transforme en son. Pour cela, l’air passe par les cordes vocales.

Situées à proximité de la pomme d’Adam, il s’agit de 2 petits replis musculaires fins fixés à la paroi du larynx. C’est leur vibration très rapide (jusqu’à 1000 vibrations par seconde) et leur rapprochement au contact de l’air sortant pressurisé qui permet de transformer l’air en bruit de bourdonnement.

Etape 3 : Le son ainsi produit est par la suite amplifié par des résonateurs (pharynx situé à l’arrière de la bouche, la bouche elle-même, le nez, le crâne, la gorge).

Etape 4 : il est enfin affiné par la langue, le voile du palais, les dents et les lèvres et c’est ainsi que l’on produit des mots distincts et clairs.

On comprend ainsi que l’intensité ou le volume de votre voix a pour cause :

Numéro 1 : le système respiratoire. On comprend mieux pourquoi il est indispensable de maîtriser la respiration ventrale, aussi appelée respiration diaphragmatique.

Sans une contraction suffisamment importante du diaphragme, la capacité des poumons à se remplir et à projeter l’air vers les cordes vocales est limitée et il est alors difficile d’obtenir de l’intensité vocale.

C’est un premier axe de travail pour augmenter son volume vocal dans la durée.

Numéro 2 : la boîte vocale et plus précisément la souplesse des cordes vocales. C’est la souplesse des cordes vocales qui permet de transformer l’air en son. Pour cela, elles doivent être échauffées.

Une bonne pratique consiste à boire une boisson chaude ou de l’eau à température ambiante pour qu’elles soient hydratées et toniques. Vous pouvez également faire des vocalises ou réaliser l’exercice du bourdon.

Numéro 3 : les résonateurs vocaux : la bouche en est le principal. Essayez de prononcer le son “o” une première fois la bouche légèrement entrouverte, puis une seconde fois la bouche grande ouverte. Les différences de volume sont très importantes.

De manière générale, prenez l’habitude de parler avec la bouche plus ouverte si vous voulez parlez plus fort et vice versa. Détendez aussi votre mâchoire et vos joues en les massant avec le bas des paumes de vos mains.

Numéro 4 : les éléments de précisions vocale : vous pouvez échauffer vos lèvres en répétant certains sons comme “b” ou “t” ou répétez des virelangues. Il s’agit de ces phrases complexes à prononcer. “

« Un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur sans chaussette sèche”. La diction joue un rôle important dans le niveau d’intensité sonore.

De l’impact de votre intensité vocale 

Pour vous donner un ordre d’idée, voici le nombre de décibels produit lorsque vous émettez des sons aux niveaux suivants :

SILENCE CHUCHOTEMENT CONVERSATION NORMALE CRI
0 dB 30 dB 50 dB 90 db à 100 db
Seuil imperceptible à l’oreille humaine Brise légère Grand Magasin TGV

 

 

Le volume a un impact sur l’ambiance que vous instaurez dans vos prises de parole. En voici un résumé :

INTENSITÉ VOCALE FORTE INTENSITÉ VOCALE FAIBLE
INTENSITÉ CONTRÔLÉE Enthousiasme Ambiance intimiste
INTENSITÉ NON CONTRÔLÉE Énerve / Assome Énerve / Ennui

A l’instar du débit, ce sont les variations d’intensité vocale qui donnent à votre public l’envie de vous écouter dans la durée. Votre public a besoin d’alterner entre les phases enthousiasmantes et d’autres plus reposantes pour réellement apprécier la qualité de votre intervention.

Comment parler plus fort ?
 

Résumons ici 7 astuces pour parler plus fort dans vos prises de parole :

1. Respirez profondément – pour ce faire développez votre respiration ventrale dans la prise de parole.

2. Échauffer vos cordes vocales – avec des vocalises par exemple.

3. Servez vous de vos résonateurs vocaux dont la bouche – plus elle est ouverte, plus le son est projeté fortement.

4. Développez une diction claire – elle participe à l’émission d’un son puissant.

5. Parlez moins vite – un débit rapide limite le temps consacré à l’inspiration et limite l’air dont vous disposez pour émettre du son.

6. Regardez votre public dans les yeux lorsque vous parlez – votre cerveau analyse très rapidement la distance qui vous sépare de l’interlocuteur que vous regardez et votre voix s’ajuste en conséquence.

7. Criez avec des gens autour de vous – cela peut paraître un peu extrême mais c’est bien souvent une très bonne astuce. En effet, il est important de préciser qu’un défaut de volume vocal prend 90% du temps sa source dans des causes psychologiques.

La crainte de gêner ou de parler trop fort sont bien souvent à l’origine de contraction musculaire involontaire, ou d’autocensure empêchant de produire un son intense.

S’autoriser à crier ou à parler fort, c’est se montrer qu’on a le droit de faire porter sa voix. A ce sujet, retrouvez notre article sur la gestion des peurs dans une prise de parole.

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