On ne va pas se mentir, il y a des attitudes qui nuisent totalement à la qualité d’écoute lors d’un échange ou lors d’une prise de parole.
Il y en a cinq et on va les lister, vous allez voir que vous risquez malheureusement de reconnaître certaines personnes, certains collègues ou encore certains amis.
Le premier élément qui tue l’écoute, c’est trop de réactivité.
La personne ne vous laisse pas terminer, elle réagit tout de suite à ce qu’elle entend.
Je vous donne un exemple : “Voilà, moi, je pense que c’est un problème cette situation”. “Non, non, ce n’est pas un problème, c’est une opportunité”.
La personne ne vous laisse pas terminer et réagit immédiatement sur ce qu’elle entend.
La première personne qui délivre son propos ne se sentira pas écoutée, quand bien même la seconde estimera, elle, avoir écouté parce qu’elle a justement répondu à ce qui a été dit.
Eh bien non, trop de réactivité, trop d’emportement est un indice d’une très mauvaise qualité d’écoute de son interlocuteur.
Un écueil dans lequel on tombe tous, le moi-je.
“Je suis parti en Corse cette année”. “Ah, mais moi, je suis parti en Afrique du Sud”.
Vous voyez, la personne pense bien faire parce qu’on va être sympathique, on limite le mouvement et donc on fait la même chose.
Sauf que le moi-je signifie, quelque part, ce que moi, j’ai fait, c’est plus important, puisque vous n’avez pas laissé aller l’autre personne jusqu’au bout.
Cette attitude empêche la première personne de développer ses points.
Et cette personne ne se sent pas écoutée donc voulant bien faire, malheureusement, on nuit à la qualité d’écoute dans l’échange.
Un autre écueil dans lequel on tombe tous, beaucoup, c’est l’égocentrisme.
L’égocentrisme, c’est vouloir tout ramener à soi. J’ai cette amie qui me dit qu’elle part en Nouvelle-Zélande et moi, je lui réponds « Ah, moi, je n’aime pas trop ce pays. » Oui, mais ce n’est pas le sujet.
Vous voyez, quelque part, je comprends l’intention qui est intéressante, qui est de vouloir faire un lien entre moi et le sujet, mais vous voyez, le sujet, ce n’est pas ce que vous aimez. Le sujet, c’est beaucoup plus ce que la personne apprécie.
Donc, l’égocentrisme peut, dans certaines situations, nuire à la qualité d’écoute dont a besoin l’interlocuteur pour se sentir en confiance, dont a besoin le public pour vous apprécier parce que si vous l’écoutez, il vous écoutera.
Le quatrième point, c’est la tendance à ordonner plutôt qu’à questionner.
Je vous donne un exemple très simple. “Parle-moi de ce que vous avez fait là-bas” plutôt que “qu’avez-vous fait là-bas ?”
Vous voyez, c’est un petit détail, mais cette façon de demander l’information, le fait de questionner au lieu d’exiger, va créer un climat beaucoup plus propice à l’écoute.
Donc, essayez au lieu d’ordonner. Ça peut donner envie et ça peut intéresser.
Et enfin, plus limite, plus difficile à décrire. Vous savez, cette volonté de vouloir rassurer, de vouloir soutenir avec le fameux « ce n’est pas grave ».
Une personne qui exprime une difficulté, vous lui dites « ce n’est pas grave ».
Mais dans le « ce n’est pas grave », il y a aussi quelque part un indice qui montre une mauvaise qualité d’écoute.
Voulant aider, je nie un peu la réalité de l’autre, je n’écoute pas sa difficulté et donc cela peut nuire à l’impression que vous écoutez.
Voilà cinq écueils.
Il en existe certainement d’autres, mais essayez de les repérer chez vous et essayez de voir ce que vous faites déjà et essayez de voir ce que vous ne faites pas.
Il est possible que vous ayez certains traits, d’autres pas.
En tout cas, sachez que ces attitudes, quand elles sont présentes chez vous ou chez l’autre, dénotent un manque de volonté d’écouter et peuvent malheureusement abîmer la relation que vous entretenez avec l’autre, avec le public.

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