L’être humain peut survivre jusqu’à 30 jours sans manger, 3 jours sans boire et seulement 3 minutes sans respirer.

Ainsi, si respirer est un de nos besoins primaires, la respiration de la majorité des personnes qui parlent en public n’est pas adaptée à l’exercice.

Si respirer reste naturel, il est indéniable que bien respirer s’apprend !

I. Typologie des respirations à l’oral  

On peut distinguer 3 façons principales de respirer. Avant toutes choses, il est important de rappeler qu’il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises respirations. Certaines respirations sont cependant plus adaptées à certaines pratiques.


1. La respiration claviculaire 
: C’est une respiration dite « très haute » qui entraîne le mouvement vers le haut des clavicules (os en forme de « s » juste sous la peau au-dessus des pectoraux) et des épaules à l’inspiration.

C’est la respiration caractéristique de l’hyperventilation. Couplée à d’autres formes de respirations, cette respiration peut-être utile. En revanche, elle n’est que rarement intéressante pour prendre la parole en public, à moins de vouloir réaliser un effort vocal très important.

A la fin de son discours délivrée à Porte de Versailles en 2017, Emmanuel Macron utilise cette forme de respiration couplée à une respiration thoracique lorsqu’il hurle les derniers mots de son discours, le fameux « C’est notre projet ! ».

 

2. La respiration thoracique : c’est une respiration dite haute ou costale car elle entraîne le mouvement des côtes. La poitrine s’avance et la cage thoracique se déplace vers l’avant et vers le haut. On observe parfois un mouvement des épaules.

Les poumons se remplissent d’air et se dilatent grâce à l’espace dégagé par le mouvement de la cage thoracique.

C’est la respiration qu’ont la majorité des personnes qui prennent la parole en public.

Seule, la respiration thoracique n’est pas adaptée à l’exercice de la prise de parole en public pour au moins 3 raisons :

 

Raison n°1 : c’est une respiration moins profonde que la respiration abdominale car l’espace de la zone intercostale est plus restreint que celui de la partie ventrale.

L’orateur a ainsi une capacité pulmonaire plus faible. Sa voix, notamment son volume, son débit et sa hauteur en souffrent.

Raison n°2 : la respiration thoracique entraîne un rythme respiratoire plus rapide pour compenser le manque d’espace de la partie haute. Vous respirez plus vite et le rythme cardiaque s’accélère. 

Raison n°3 : c’est une respiration qui demande de la conscience à l’expiration. En effet, à l’expiration contrairement à la respiration diaphragmatique, des muscles doivent s’activer pour revenir à la position initiale.

Faites le test : contrairement à la respiration abdominale, si vous relâchez en espérant que l’air s’échappe, vous allez tout simplement bloquer votre respiration.

 

3. La respiration abdominale : aussi appelée respiration basse, ventrale ou diaphragmatique, il s’agit de la respiration naturellement observée en position allongée par exemple.

Elle implique un mouvement du diaphragme, muscle insensible en forme de parabole attachée à la dernière côte de la cage thoracique et aux lombaires. Les poumons reposant sur le diaphragme, celui-ci s’abaisse à l’inspiration en faisant pression sur les intestins et remontent à l’expiration.

C’est ce mouvement qui permet aux poumons de se remplir d’air et de projeter celui-ci vers la trachée. Cette respiration est adaptée à l’exercice de la prise de parole en public car elle permet à l’orateur de se détendre en activant le système nerveux parasympathique.

Cependant, elle peut dans certains cas, notamment sous l’effet du stress, être incomplète.

 

4. La respiration complète : c’est une respiration qui réunit respirations abdominale, thoracique et claviculaire.

Dans l’exercice de la prise de parole en public, une respiration complète peut parfois être contre productive.

 

En effet, elle peut provoquer un excès d’air difficile à gérer pour l’orateur qui doit transformer le souffle en son, contrairement à d’autres disciplines. L’excès d’air peut provoquer des scories verbales (les fameux « euh » qui servent à évacuer le trop plein d’air).

Il est très rare d’avoir besoin d’utiliser ses capacités pulmonaires au maximum dans une prise de parole. C’est pourquoi on évitera l’utilisation de la respiration claviculaire, à moins de vouloir produire un son très fort et intense.

De même, la respiration abdominale et thoracique peuvent être couplées à condition de commencer par une respiration abdominale.

L’usage de la seule respiration ventrale peut suffire, notamment si la prise de parole dure longtemps et que l’orateur cherche à se détendre.

II. Comment développer une respiration ventrale à l’oral

 

1. Prendre conscience de sa respiration

Mettre une main sur la poitrine et une autre sur l’abdomen. Sans parler, constatez celle qui s’avance à l’inspiration. En parlant, constater celle qui avance à l’inspiration. Si ce n’est que celle du haut, votre respiration n’est pas adaptée à l’exercice de la prise de parole en public.

2. Ayez un support

Allongez-vous contre une surface plane ou mettez votre dos contre un mur. Dans cette position, les mouvements de la cage thoracique sont limités ce qui facilite la respiration ventrale.

3. En situation

Obligez-vous à porter votre attention sur votre respiration lorsque vous parlez.

-Je me concentre sur mon propos que je délivre.

-Pause.

-Je me concentre sur ma respiration.

-Je me concentre sur mon propos que je délivre.

-Pause.

-Etc…

Au début, la respiration diaphragmatique à l’oral demande un grand effort de conscientisation.

Avant une prise de parole en public, la respiration peut être très utile pour gérer ses émotions.

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